20.09.2015

Coeur de femme : Les femmes, premières victimes des maladies cardiovasculaires

Semaine du Coeur du 21 au 27 septembre 2015

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en Belgique. Mais dans beaucoup d’esprits, elles restent une affaire d’hommes. Et pourtant, il s’agit de la première cause de mortalité chez les femmes (devant les cancers et inversement chez l’homme). Les maladies cardiovasculaires tuent plus de femmes que le cancer du sein en Europe. En Belgique, 17.000 femmes meurent chaque année d’un accident d’origine cardiovasculaire pour 14.000 hommes.

Au vu de ce constat, il est nécessaire de privilégier la prévention cardiovasculaire et la sensibilisation à l’égard de la femme et de rappeler l’importance du dépistage des facteurs de risque cardiovasculaires chez la femme.

 

Moins protégées après la ménopause et prises en charge plus tardivement à cause de leurs symptômes atypiques, les femmes ont des chances de survie inférieures à celles des hommes et se remettent plus difficilement d’un accident cardiovasculaire. Par ailleurs, les dernières décennies ont vu des modifications notables du mode de vie des femmes telles que l’alimentation déséquilibrée, le surpoids, l’exposition au tabac, le stress, la sédentarité, l’activité professionnelle dont on voit aujourd’hui un impact majeur sur la détérioration de la santé cardiovasculaire des femmes.

 

C’est pourquoi la Ligue Cardiologique Belge consacre la 36ème édition de la Semaine du Coeur, qui se déroulera du 21 au 27 septembre 2015, au coeur des femmes afin d’informer et sensibiliser les femmes, mais aussi les professionnels de la santé, sur les spécificités des facteurs de risque de la maladie cardiovasculaire et la nécessité, pour elles, de les dépister précocement. Les femmes ne seront plus les grandes oubliées des maladies cardiovasculaires.

 

Diverses activités d’information et de sensibilisation auront lieu tout au long de la Semaine du Coeur, du 21 au 27 septembre un peu partout en Belgique, notamment dans les centres de revalidation cardiaque. Pour en savoir plus sur les activités prévues, rendez-vous sur le site de la Ligue Cardiologique Belge http://liguecardiologique.be/ où seront disponibles le dossier de presse avec l’agenda des activités, ainsi qu’une brochure explicative téléchargeable.

Des activités de sensibilisation ont déjà commencé. En effet, le NeHRa (Networking Human Resources Advice), réseau de femmes actives consacré aux ressources humaines au sein des sociétés, a organisé une session de prévention, en partenariat avec la Ligue Cardiologique Belge, afin de sensibiliser les femmes responsables des ressources humaines à l’importance de la sensibilisation des facteurs de risque cardiovasculaires et de leur dépistage chez la femme active. Les femmes, dans le cadre de leurs activités professionnelles, sont aussi confrontées au risque de développer des maladies cardiovasculaires. Le NeHRa a pour mission de soutenir les responsables des ressources humaines, de leur fournir des conseils, et de faciliter l’échange de meilleures pratiques et de compétences à travers des sessions informelles.

 

La Ligue Cardiologique Belge invite toutes les femmes journalistes à porter le badge de la Semaine du Coeur et partager leur soutien sur les réseaux sociaux avec les hashtags #SemaineduCoeur #Coeurdefemme afin que les femmes ne soient plus les grandes oubliées des maladies cardiovasculaires.

 

Différences anatomiques

 

L’infarctus du myocarde est spontanément associé à une maladie d’homme d’âge moyen, fumeur, sédentaire avec un peu d’embonpoint. Or, les femmes décèdent davantage d’infarctus ou d’accidents vasculaires cérébraux (thrombose cérébrale) que les hommes. Selon les dernières statistiques européennes (2012), les maladies cardiovasculaires seraient la cause de 52% des décès chez les femmes (contre 42% chez les hommes) 2 et 10% de celles-ci sont âgées de moins de 65 ans. 3 L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) constitue également une cause fréquente de mortalité. Dans ce cas-ci à nouveau, le pronostic des femmes est moins favorable que celui des hommes. La première cause de mortalité est la maladie coronarienne (21%) suivie de l’AVC (15%).

 

Enfin, les artères coronaires des femmes qui alimentent le coeur en oxygène sont plus étroites et se bouchent plus facilement. Cela signifie que le rétrécissement des artères coronaires peut provoquer des symptômes plus rapidement.

 

Une symptomatologie atypique

 

D’une part, les femmes ne ressentent pas toujours les mêmes symptômes que les hommes lors d’un infarctus et d’autre part, on aime à penser qu’elles sont moins sujettes aux maladies cardiovasculaires. Par conséquent, les femmes, leur entourage et même le médecin vont moins facilement et moins rapidement associer les symptômes ressentis à une souffrance cardiaque aiguë et elles risquent dès lors une prise en charge tardive concernant le diagnostic et le traitement.

Lors d'accidents cardiovasculaires, elles ne ressentent pas nécessairement les signes précurseurs caractéristiques d'un infarctus du myocarde (une violente douleur thoracique constrictive) mais des symptômes atypiques qui peuvent être trompeurs : essoufflement, nausées, vomissements, sueurs, fatigue ou faiblesse, douleur dans le haut du dos, la mâchoire ou le cou, angoisse. Il est donc important de sensibiliser les femmes ainsi que les professionnels de la santé sur la particularité de ces symptômes.

« Une violente douleur thoracique constrictive constitue le symptôme principal de l’infarctus. Cependant, cette douleur dans la poitrine peut éventuellement être absente et ce phénomène survient plus souvent chez la femme que chez l’homme. D’autre part, les femmes ont des symptômes généralement différents et multiples, ce qui peut être quelque peu trompeur et retarder le diagnostic et par conséquent le traitement », explique Docteur Sofie Gevaert, Cardiologue, Chef de clinique adjoint (UZ Gent)

Facteurs de risque cardiovasculaires : certains plus risqués chez la femme

 

Les facteurs de risque cardiovasculaires sont les mêmes chez l’homme et la femme (hypertension, diabète, surpoids, manque d’activité physique, taux de cholestérol élevé, tabac, stress et antécédents familiaux) mais certains facteurs ont plus de conséquences chez la femme que chez l’homme :

- l’hypertension

- le diabète : risque multiplié par 3 chez la femme ; multiplié par 2 chez l’homme

- le tabac chez les jeunes femmes

De plus en plus de jeunes femmes présentent un ensemble de facteurs de risque tels que le manque d’exercice physique, le tabac, le stress, l’obésité et une alimentation peu équilibrée. Le stress psychosocial a également un impact négatif sur le pronostic après un infarctus chez la jeune femme.

 

La vie hormonale des femmes nécessite également une attention particulière lors des trois phases clés de leur vie: première contraception ou renouvellement, grossesse et ménopause. Avant la ménopause, les femmes sont protégées grâce à leurs hormones naturelles (oestrogènes) connues pour être un facteur de protection des artères et du coeur. Chez une jeune femme qui présente plusieurs facteurs de risque, l’effet protecteur des oestrogènes peut s’atténuer, ce qui peut provoquer un infarctus. Les femmes ayant une ménopause précoce ont davantage de risques que celles ayant une ménopause naturelle et tardive. Un infarctus peut également survenir chez une jeune femme suite à une fissure de l’artère coronaire et ce, même si elle ne présente pas de facteurs de risque.

« Après un accident cardiaque, les femmes participent moins systématiquement à des programmes de réadaptation cardiaque, alors qu'un soutien multidisciplinaire a un impact positif sur la qualité et durée de vie », explique Docteur Catherine De Maeyer, cardiologue spécialisée en revalidation cardiaque (UZA) et présidente du Groupe de travail belge sur la prévention et la réadaptation cardiaque (BWGCPR).

 

8 conseils pour mieux protéger le coeur des femmes

 

1. Arrêter de fumer: le tabac est un facteur de risque pour les artères aussi bien au niveau du coeur que du cerveau.

 

2. Manger sainement:

  • Manger varié
  • Moins de graisses
  • Moins de graisses saturées
  • Plus de fibres
  • 400 g de fruits et légumes par jour

 

3. Surveiller son poids: mesurer son IMC (indice de masse corporelle) qui se calcule en divisant le poids (en kg), par la taille au carré. ex: je mesure 1,70 m et pèse 65 kg → IMC = 65 / (1,7)² = 22,5 Mesurer son tour de taille. En parler à son médecin si le tour de taille est égal ou supérieur à 80 cm.

 

4. Surveiller sa pression artérielle:

  • En cas d’antécédents personnels et aussi pendant la grossesse
  • À chaque visite chez le médecin
  • Régulièrement à partir de 55 ans

 

5. Etre physiquement active: 30 minutes de marche par jour protègent déjà le coeur et les artères.

 

6. Ménager son stress : trouver un équilibre entre périodes actives et moments de détente et de relaxation. Privilégier un sommeil de qualité.

 

7. Tenir compte des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires: avoir un proche ayant souffert d’un infarctus ou d’un AVC est un facteur de risque.

 

8. Ne pas sous-estimer les symptômes d’une crise cardiaque ou d’une attaque cérébrale.

 

« En tant que femmes, nous prenons souvent plus soin de ceux qui nous entourent que de nous-mêmes. Les signes d’un infarctus ou d’une maladie cardiaque ne sont pas aussi typiques que chez l’homme. Souvent notre seuil de douleur est différent. Le contact avec un médecin arrive alors plus tard et parfois trop tard. Nos artères coronaires sont un peu plus fines que celles des hommes et donc un peu plus difficile à réparer. Soyons donc toujours à l’écoute de notre corps», conclut Docteur Martine Antoine, Chef de Clinique Chirurgie Cardiaque (Hôpital Erasme, ULB, Bruxelles).

 

 

A propos de la Ligue Cardiologique Belge

 

Créée en 1968, la Ligue Cardiologique Belge est une plateforme d’informations et d’échanges autour des maladies cardiovasculaires en Belgique au service des patients. Depuis plus de quarante-cinq ans, elle se bat pour prévenir les maladies cardiovasculaires, tant au niveau de la prévention primaire (vers le grand public et toute personne susceptible d’être confrontée à ces affections) que de la prévention secondaire (auprès des patients qui ont eu un accident cardiaque ou vasculaire). Au-delà de cette mission essentielle de prévention, la Ligue Cardiologique Belge entend mener un travail d’information de grande envergure concernant, d’une part, les problèmes de prévention et les maladies cardiovasculaires en général, et d’autre part, la détection et le « screening » de ces maladies. Enfin, au quotidien, la Ligue aide les cardiaques à se réadapter au niveau social, familial, professionnel et collabore avec les associations de patients réparties dans le pays. Pour plus d’informations : info@liguecardioliga.be – http://www.liguecardiologique.be